L'extérieur

L'église a des dimensions agréables : 34 mètres de long, 15 mètres de large, 16 mètres de hauteur sous voûtes, 32 mètres à la pointe du clocher. Son plan est régulier, en forme de croix latine, mais son originalité tient à ses deux parties distinctes : le corps principal Renaissance et le clocher de style ogival français. Les contreforts des collatéraux, de technique " gothique ", participent à l'aimable liaison des deux styles. Vu du parvis, sa façade en pignon intègre sans heurt le clocher tangent, carré, solidement arc-bouté. Trois cloches logent derrière les hautes fenêtres à meneau géminées en tiers-point et terminées par des ajours, qui portent les abat-sons. Au-dessus du portail Renaissance, sur le chapeau en arc surbaissé, une large baie identique à celles du transept et des chapelles remplace, depuis le XVIe siècle, l'œil-de-bœuf originel. Car l'église a été fortement transformée en 1578, du temps de Charles du Plessis. Ces modifications sont peut-être consécutives aux incendies qui ravagèrent les églises au XV· siècle, ou que les Espagnols allumèrent encore au siècle suivant. Il est probable qu'elles ont également été voulues par les seigneurs de l'époque, soucieux d'embellir ce qui devait constituer leur dernière demeure. Selon l'usage, ils finançaient au moins le banc d'œuvre, tandis que la taille, à laquelle le peuple était assujetti, payait l'entretien de la nef et du clocher.

À l'église du XIVe siècle, qui comprenait le clocher, la nef, les collatéraux, et sans doute une partie du transept, les travaux du XVIe siècle ajoutèrent le transept, le chœur, l'abside et les chapelles, de style typiquement Renaissance. L'ajout de ce nouvel ensemble est manifeste sur le plan architectural, et une observation latérale de l'église le découvre immédiatement. De surcroît, il est décelable par une petite erreur d’implantation : son axe nord-sud n'est pas exactement perpendiculaire à la nef, mais présente une légère inclinaison sud-ouest. Celle-ci explique les espaces angulaires extérieurs différents que laissent, au nord et au sud, les premiers contreforts de l'abside et le mur est des chapelles. À l'intérieur, cette inclinaison distingue les parties latérales des piliers du pré-chœur.

Par bonheur, ni ce défaut, ni le détestable ajout complémentaire de l'escalier à vis qui, pour atteindre le comble, ampute la fenêtre nord du transept, ne rompent l'équilibre de l'édifice. Les murs des chapelles abandonnent les contreforts. Ils conservent un appui symbolique essentiellement décoratif sous forme de pilastres partiellement engagés dont les chapiteaux rappellent le style ionique. L'ornementation est faite de bouquets, feuilles d'acanthe, t1ammes, rinceaux, festons et guirlandes.

Charles du Plessis, qui a commandé ces travaux, a laissé son blason au plus haut du nouveau corps de l'édifice, aux croisées de voûtes.

La nef et les bas-côtés, aux couvertures séparées, furent réunis sous le même toit aux dimensions impressionnantes. Cette couverture unique assombrit la nef, qui, plus haute que les collatéraux, était à l'origine éclairée par des fenêtres surmontant les arcs formerets. La baie axiale d'ouest remplaçant l'oculus restitua partiellement un éclairement principalement assuré par deux fenêtres basses au nord, une à l'ouest et une au sud (les trois autres, au sud, éclairant la sacristie et la chaufferie). L'abside, polygonale, et fortement arc-boutée, comporte trois grandes fenêtres en plein-cintre. Le transept et les chapelles réunissent six hautes baies semblables à celle ouverte à l'ouest au-dessus du portail. La base du clocher est éclairée au sud par deux fenestrons.

Le clocher, au niveau de l'entablement, présente aujourd'hui quatre cadrans d'horloge. Sa toiture à forte pente est couronnée d'une croix de fer sur chaque poinçon, celui de l'est recevant le coq. Au faîtage du pignon de façade régnait autrefois une croix antéfixe en pierre, similaire à celle qui surmonte le chapeau en arc surbaissé du portail.