La nef

Elle comporte trois travées. La plus à l'ouest forme l'entrée, sa partie haute reçoit la tribune d'orgue. La troisième travée, jusqu'en 1966, accueillait la chaire au nord et le banc-d ’œuvre au sud. La chaire, du XVIIIe siècle, était intéressante et présentait un escalier dont la rampe, rappelant les grilles du chœur, était un beau travail d'acier forgé. L'officiant prêchait face à la grande croix surmontant le banc-d ’œuvre. Chaire, escalier, grilles, banc-d ‘œuvre ont été supprimés en 1966. On ignore ce qu'ils sont devenus. Seul le grand crucifix a été préservé. Il domine aujourd'hui le maître-autel. La suppression de la chaire et du banc-d ‘œuvre a dégagé un espace transversal qui présente, en regard, le portillon latéral nord et l'accès à la sacristie.

La voûte centrale, en berceau, s'appuie sur un large entablement soutenu par des pilastres. Les lustres qui y pendaient ont décrochés en 1967. Comme les autres meubles, ils ont disparu. Leur destination est demeurée inconnue. Le sol de la partie centrale (à l'exception de la première travée) est revêtu d'un carrelage contemporain identique à celui du pré-chœur.

Sur les piliers se remarquent les croix de consécration (elles attestent que non seulement l'église a été bénie, mais consacrée). Elles sont au nombre de douze, et symbolisent les apôtres, piliers de l'Église. Liancourt n'en possède plus que sept. Leurs emplacements dans la nef (partie ancienne) et dans le chœur (parie tardive) indique que cette consécration concerna la nouvelle église, après les agrandissements du XVIe siècle. Les litres (peintures murales portant les armoiries du seul seigneur châtelain) ont toutes été effacées.

Le bas-côté (ou collatéral) du nord est plus long que celui du sud, rétréci de la tour du clocher. Jusqu'aux travaux de 1966, ils recevaient un chemin de croix aujourd'hui disparu.

Le collatéral nord est le plus riche. À sa fenêtre d'ouest, un vitrail présente saint Martin, patron de la paroisse. Daté de 1968, et il est dû aux mêmes créateurs que ceux qui éclairent les fonts baptismaux, et il répète le même chromatisme puissant. Le soldat Martin y est représenté, dans le geste célèbre de la séparation de son manteau. Légèrement détachée de l'allège, une pierre gravée de (H 0.86 m x L 2.10 m), posée sur un socle mouluré, donne la liste des 159 enfants de Liancourt tombés lors des deux guerres mondiales et des conflits d'outre-mer. Ce monument aux morts, souhaité par le chanoine Gazeau, fut édifié en 1967. Une plaque (portant la date du 11 11 1989) sur le pilier adjacent, témoigne la gratitude des Anciens combattants pour celui qui fut curé de la paroisse de 1966 à 1987, et qui dépensa sa fortune personnelle pour la réhabilitation de l'intérieur dc l'église.

Les deux fenêtres nord reçoivent de simples vitraux sans ornementation particulière. En remontant ce bas-côté en direction du chœur, on découvre trois stèles funéraires du XVIIe siècles apposés sur les piliers de la nef : la première, en pierre, est celle des époux Jacques de Langle et Marie Auger (monument historique) ; la seconde, également en pierre, appartient aux époux Hélie Monnet et Catherine Bazard (monument historique) ; la troisième, sur le dernier pilier, est celle de Jean Le Blancq.

Le bas-côté sud ne possède aucun meuble particulier. Une seule fenêtre l'éclaire. Deux portes donnent accès, l'une à l'escalier du clocher, l'autre à la sacristie. C'est devant cette dernière que, lors des travaux de chauffage de 1965, furent inhumés des ossements appartenant à des inconnus. La voûte des collatéraux, comme celle de la nef centrale, est également en berceau. Mais elle repose ici sur un entablement plus fin. Le sol est en pierre.