Quelques repères et anecdotes ...

Prières ininterrompues. Durant toute la durée de la Grande Guerre, l'abbé Cartier organisa dans l'église une veillée de prière quotidienne à J'attention de nos combattants. Ces veillées ne furent interrompues que deux journées, au tout début du conflit, lorsque nos troupes " en repli stratégique " s'arrêtèrent à Liancourt...

La croix et la bannière ... Il fut un temps où il ne faisait pas bon sortir une bannière à Liancourt ; gare à la loi du 18 germinal An X et aux articles 94 et 97 de celle du 5 avril 1884 ! C'est ce que rappelle le conseil municipal du 15 mai 1891, qui précise que, hormis pour les enterrements, les cérémonies du culte sont interdites sur le territoire de Liancourt, et que les contrevenants seront déférés aux tribunaux. Signé Edmond Jolidon, maire, et contresigné par Beaucaire, conseiller de Préfecture. Rien de moins !
Trente ans ont passé ... Après le drame de la Grande Guerre et J'immense fraternité des survivants, qui peut encore croire à ces dispositions vieillottes ? Arthur Debeaupuis, maire de Liancourt ! Le 5 mai 1921, il fait tenir copie conforme de l'ancienne délibération municipale (non abrogée) au curé Octave Cartier, lui interdisant de sortir une bannière pour lui faire ... traverser la rue ! 1922, nouveau curé : Gaston Trousselle. 1925, nouveau maire : Maxime Aurélien Duhamel. Comme le rappelle la presse de l'époque, " M. le Maire est pressé de se faire connaître ". Anticlérical comme son prédécesseur, il s'appuie sur les mêmes textes désuets pour dresser contravention aux petits communiants qui vont de la salle du catéchisme à l'église. Trajet : 50 mètres. La même semaine, il verbalise les petites sœurs de l'Assomption, soignantes des pauvres, qui quêtent aux abords de l'église. Arrive la Fête Dieu. La procession doit traverser la place pour se rendre dans la propriété voisine des La Rochefoucauld. M. Duhamel note " avec sagacité" que le cortège doit emprunter la voie publique sur une longueur de 26 mètres et 30 centimètres, ce qui est proprement intolérable ! C'est en vain que son conseil municipal lui objecte que" mécontenter pour si minime violation d'un arrêté remontant à 1891 une partie importante de la population, c'est risquer de fermer bien des bourses aux tombolas ou aux de certaines sociétés". Rien n'entame la détermination du maire. Le garde champêtre, tout le long de la fête, harcèle les enfants qui vont à l'église prendre leurs emblèmes. " voilà comment se dressent les contraventions à Liancourt ", conclut le journaliste.

Sainte promesse. Le 1" juin 1944, jour de la clôture du mois consacré à Marie, l'abbé Snejdareck formule au nom de la paroisse la promesse suivante : si la paroisse est épargnée, elle offrira à la vierge un ex-voto consistant en une statue, réduction de celle de l'église (ND de Miséricorde), et destinée à remplacer celle qui est portée en procession. Liancourt est épargnée. La statue est exécutée en 1945 par M. Leblanc, de Senlis, et exposée dans l'église dès le 2 février. Elle est portée en procession dans Liancourt le 2 septembre, 1 et anniversaire de la libération. Cette petite vierge à l'enfant y est toujours demeurée ; elle est exposée à l'angle nord du chœur et du transept.

Passage de ND de Boulogne. Le dimanche 22 décembre 1946, à 15h30, un millier de personnes se rassemblent au pont de la Brèche pour recevoir la Vierge qui vient de Rantigny. Malgré le froid (température : -8° C), cortèges et cérémonies ponctuent cette journée. À l'église, ND de Boulogne est veillée et honorée toute la nuit. À 9h, un cortège conduit

la Vierge jusqu'à la côte d'Angicourt où elle est reprise par la paroisse de Verderonne.

Transfert de corps. Le 17 juin 1949, à 15 h, la dépouille exhumée du duc de La Rochefoucauld-Liancourt entre au caveau de son petit-fils, au cimetière de Liancourt. Né le 11 janvier 1747, il était décédé à Paris le 27 mars 1827, et avait été inhumé dans une chapelle funéraire dans le parc du château. Assistent à la cérémonie : le duc de La Rochefoucauld, le maire Charles Maine, le doyen Snejdareck (qui a béni les restes du duc), et une délégation des anciens élèves des Arts et Métiers. Prêtre Liancourtois. L'abbé Jean Marchand, enfant de Liancourt, est ordonné prêtre le 29 juin 1950 à la cathédrale de Beauvais. Le dimanche 2 juillet, il célèbre à Liancourt sa première messe solennelle, assisté de la mission de 1950. Une grande Mission eut lieu à Liancourt sur l'initiative du chanoine Snejdareck. Dirigée par les pères missionnaires Louis-Joseph, Dominique, Alexandre et Anselme, elle couvrit la période du 2 au 9 décembre 1950 pour une semaine de fraternité durant laquelle se succédèrent fêtes, spectacles, cérémonies, processions, conférences, visites et méditations.