Quelques aventures et légendes Martiniennes

Le défi aux Germains

Le soldat Martin, qui ne voulait plus servir que Jésus-Christ, avait demandé sa liberté à l'armée. Le temps qu'elle la lui accorde, les Germains avaient fait irruption dans les Gaules. Pour les combattre, on rassembla les troupes. Certains reprochèrent à Martin de quitter l'armée la veille d'une bataille. Soupçonné de lâcheté, il demanda à paraître à la tête des combattants, sans arme ni bouclier, et à marcher sur l'ennemi sans autre défense que le nom de Jésus-Christ et le signe de croix. On le lui accorda. Or, la nuit même, les Germains demandèrent la paix. Le lendemain, Martin s'en allait rejoindre saint Hilaire.

Le rapt

Martin n'avait pas particulièrement envie de devenir évêque, pas du tout ! Retiré près de saint Hilaire, il dissuada son ami de l'ordonner diacre, n'acceptant qu'un rôle d'exorciste. Sa vie aurait pu demeurer éternellement monacale si sa réputation de faiseur de miracles n'avait fini par inciter le peuple à le choisir pour occuper le siège épiscopal de Tours. Pour le tirer de son monastère, plusieurs personnes prétextèrent qu'un malade réclamait sa bénédiction. À peine Martin avait-il franchi la porte que le groupe s'en saisit, et c'est solidement ficelé qu'il fut conduit à l'évêché et contraint d'accepter sa charge ! On sait avec quel zèle il l'occupa...

Le combat avec le diable

À proximité du village d'Assevilliers (Somme), sur une aire de l'autoroute Al, on peut voir une pierre marquée des sabots du cheval de saint Martin, lorsqu'il combattit le diable. Dans les creux laissés par l’arrière-train de la monture stagne de l'eau. Si son niveau baisse, cela annonce une sécheresse. On y remarque également une rainure où le saint homme posa son fouet. Hier encore, on y faisait venir les chevaux atteints de coliques. Ils guérissaient après avoir fait trois fois le tour de la pierre et bu dans le creux où s'était désaltéré le cheval de Martin.

Une curieuse mésaventure

Saint Martin et saint Eustache, partis d'Amiens, se rendaient à Flesselles (Somme). Le cheval de Martin heurta une pierre et tomba. Eustache continua son chemin et arriva le premier à Flesselles dont il devint le patron. Martin dut aller évangéliser plus loin, à Naours (Somme). La pierre retardatrice porte toujours l'empreinte d'un fer à cheval.

D'autres empreintes

L'empreinte de saint Martin se retrouve à Pommier (Aisne), près de Soissons, sur une roche dite " Pas de Saint Martin ". On la voit également à Autrèches (Oise), où la " Pierre Saint Martin" guérit les malades qui en font trois fois le tour.

Le signe et l'arbre

La méthode d'évangélisation de Martin était simple : arrivé dans un village, il faisait abattre le temple et arbres sacrés. Contesté dans une bourgade pour la rigueur de sa démarche, il se fit attacher à la place où devait tomber l'un de ces arbres. Alors que celui-ci vacillait, il Ie détourna d’un signe de croix.

Le baiser au lépreux

Après avoir évangélisé le Maine et l'Anjou, Martin se dirigea vers Paris. À la porte de la ville, déjà, les encombrements étaient gigantesques. Ils tenaient autant aux entrées et sorties des charrettes qu'à la présence gênante d'un horrible lépreux dont tout le monde s'écartait. Martin s'approcha de lui et, à la stupéfaction de tous, embrassa publiquement le malade qui guérit aussitôt.

Le cep

Saint Martin mourut à Candes, appelé pour apaiser une discorde entre moines Poitevins et Tourangeaux. Réunis pour le veiller, les moines Tourangeaux profitèrent de l'assoupissement de leurs frères Poitevins pour enlever le corps de l'évêque. Seul demeura le cep sur lequel il s'appuyait, et que l'empereur, jadis, lui avait donné en le faisant centurion. Le jardinier du couvent, frère Berton, assura que ce cep était tombé à ses pieds et qu'une voix lui avait demandé de le planter. Ce qu'il fit. À peine mis en terre, il racina et quelques feuilles montèrent. Ce cep a donné naissance à une variété de cépage, le Berton, du nom du frère jardinier qui le planta en l'an 397. De ce Berton coulent encore le Bourgueil et le Chinon.

La fontaine de vin

Le vin, une année, manqua en Touraine. Pour rendre l'espoir à tous les vignerons, Martin trempa de ses mains trois petits raisins dans la fontaine Marmoutiers, transformant en bon vin l'eau de la source.

Le rempart des Tourangeaux

Les Vikings étaient aux portes de Tours. Ils poussaient leurs barques dans les marais situés entre le Cher et la Loire, à l'endroit où la ville n'était défendue que par une vieille muraille gallo-romaine. Les défenseurs, impuissants, les voyaient desceller le rempart. Alors les prêtres portèrent sur les murs la châsse et les reliques de saint Martin. Aussitôt, les Normands s'éloignèrent. Chaque année, le 12 mai, les Tourangeaux font au-dessus de la brèche des Normands la pieuse ostension des reliques Martiniennes.